Un an sans viande, le bilan !

Après un an sans manger de viande, je vous fait part de mon bilan personnel sur les « régimes » végétarien et végétalien.

(Temps de lecture estimé: 7-9 min.)

Attention, cet article n’a pas vocation à répondre à vos questions sur le végétarisme, j’ai un article qui essaie de faire le tour de ce sujet ici.

L’histoire.

J’ai arrêté de manger de la viande autour de mars 2015. A ce moment là, je mangeais encore du poisson occasionnellement et j’ai continué ainsi jusqu’à environ septembre-octobre où j’ai arrêté d’un même coup le poisson et les produits animaux. Je suis donc végétalienne depuis un peu plus de six mois.

L’évolution des motivations…

Au début ma motivation principale était ma santé. Mais au fil du temps et en me renseignant, je me suis intéressée au bien-être animal qui est aujourd’hui la raison pour laquelle je ne veux plus manger de produits animaux.
Au début je refusais d’ingurgiter un animal qui a été maltraité et nourrit avec des antibiotiques car il allait donc être mauvais pour mon corps, et je ne voulais pas me nourrir de quelque chose qui justement ne nourrirait pas bien mon corps. Evidemment, tous les animaux ne sont pas maltraités et nourris aux antibiotiques. Je me disais simplement que je ne voulais pas tuer un animal pour m’en nourrir si mon corps n’en avait pas besoin, pire, si mon corps se portait mieux sans.
Aujourd’hui quand on me demande pourquoi j’ai arrêté la viande, j’explique que pour moi, manger de la viande revient à aller à une corrida. Je n’en ai pas besoin, donc je le fais pour le plaisir. Donc je tue un animal pour mon plaisir. Et j’estime seulement que je ne veux pas le faire. C’est de cette façon que je me sens le plus en accord avec moi-même. De la même façon que je ne mange pas d’oeufs ou de lait. Si la torture de l’animal est inutile (parce que croyez-moi, elle a lieu), je ne vois pas pourquoi je paierai quelqu’un pour la perpétrer (le fait de payer quelqu’un pour passer sa journée à tuer est d’ailleurs aussi quelque chose qui me gène vraiment).
(Pour ce qui est de ma non consommation de produits laitiers et d’oeufs, je vous ferait deux articles expliquant un peu mieux, parce que je sais que c’est flou pour certains d’entre vous, mais ce n’est pas vraiment l’objet de ce papier où je tiens à rester sur mon parcours personnel.)
On pourrait résumer ça comme ça : je ne veux pas nourrir mon corps avec de la cruauté.

…Et de l’engagement

Entre septembre et octobre, pour vous rédiger un article sur les documentaires sur le végétarisme, j’ai entrepris de regarder les films les plus connus ou qu’on m’a le plus conseillé sur ce sujet. Je ne mangeais déjà plus de viande mais consommait encore du poisson et des sous-produits animaux. J’ai donc, en une semaine, visionné tous ces documentaires alors que je n’avais vu que quelques émissions auparavant et me suis rendu compte que j’ignorais encore jusque là énormément de choses, et, m’efforçant de ne plus manger de viande pour ne pas financer la cruauté animale, j’avais alors loupé tout un pan de celle-ci en continuant à mettre dans mon caddie poissons (bon, là je me doutais un peu qu’on les tuait, j’avoue), oeufs et produits laitiers en tout genre. A la fin de le semaine, j’étais incapable de continuer de manger des sous-produits animaux, et je n’ai presque plus fait d’écart depuis.
Entre temps j’ai aussi ouvert ce blog et commencé à partager mon parcours avec vous, mais aussi sur instagram et sur Twitter ce qui m’a beaucoup aidé à voir que je n’étais pas toute seule et à me persuader que j’étais sur la bonne voie.
Cette impression d’être sortie de la caverne m’a donné envie d’éclairer tout le monde et j’étais un peu perdue sur ce que je devais accepter ou non, dire ou non et faire ou non à l’égard de mes proches quand on en venait à la nourriture. J’ai sans doute parfois eu des réactions démesurées, j’ai sans doute trop parlé de ce nouveau sujet qui me passionnait.
Aujourd’hui je pense avoir trouvé un équilibre même si je tâtonne encore un peu parfois, j’ai à coeur de faire les choses bien en vivant en harmonie avec les gens qui mangent de la viande tout en respectant mes convictions et en vivant en accord avec moi-même.

La difficulté ? Le manque ? Les carences ?

La plus grosse difficulté dans l’arrêt de la viande résidait dans les sorties. Chez des gens en famille ou au restaurant, il fallait penser à prévenir, expliquer (mais je vous parle de comment j’ai traité ça avec mon entourage plus bas), vérifier… Au début je mangeais encore du poisson donc la plupart des restaurants avaient une option pour moi.
Maintenant, avant une sortie, je propose des endroits qui me conviennent quand le lieu n’est pas encore choisi. Quand il est déjà choisi, en général la personne qui s’occupe de la réservation a posé la question pour moi et si la carte ne contient pas de plat végétalien, les cuisines savent qu’elles vont avoir un plat spécial et sont préparées. Une fois cependant, j’ai eu à appeler moi-même le restaurant pour les prévenir et voir avec eux si un de leur plat était adaptable, et ça s’est très bien passé. Je pense que c’est un des points les plus négatifs du végétalisme, expliquer ce que l’on mange ou non, avoir un peu peur qu’il y ait du beurre ou un produit qui soit passé au travers de la vigilance des chefs qui cuisinent pour la première fois un plat végétalien, surtout quand c’est un petit restaurant de campagne. Cela dit, pour le moment, on m’a toujours servi quelque chose, ou que je sois allée, et quelque chose de bien bon la plupart du temps. Comme quoi ce n’est pas impossible, mais je dois dire que la France est très mauvaise sur ce plan là encore, même si elle s’améliore au fil du temps; nos voisins sont largement en avance là-dessus.
Pour ce qui est du manque et de la difficulté d’arrêter, c’est le fromage qui a été le plus difficile à arrêter pour moi. Pour le reste, rien d’insurmontable, ça s’est fait naturellement et à mon rythme. Inutile de se forcer ou de se faire du mal.
Au niveau des carences, j’avais tendance à manquer de fer et de vitamine D avant d’arrêter de consommer de la viande. En arrêtant j’ai fait particulièrement attention à mon niveau de fer, qui est ce qui manque parfois aux végés, et mes dernières prises de sang sont positives, je n’en manque plus ! En revanche pour la vitamine D, pas de miracle, j’en manque toujours un peu, rien d’alarmant. Mes prises de sang sont tout à fait normales, voire, donc, meilleures qu’avant.

L’évolution dans mon corps ? Les sensations ?

J’ai toujours été très mince. Pour moi, prendre 500 grammes aurait été un miracle il y a un an. En étant végétarienne j’ai eu l’envie et l’énergie pour me remettre au sport ce qui m’a permis de prendre plusieurs kilos de muscle. Depuis, mon poids s’est stabilisé, il est toujours trop bas pour ma taille mais grâce au sport et à la cuisine, j’ai appris à accepter, voire à aimer mon corps même s’il n’est pas parfait.
Au niveau des sensations, je me sens plus légère parce que ma digestion est meilleure, je me sens plus énergique. C’est à peu près tout ce que je peux dire sur mon corps.
Psychologiquement, j’ai pris un engagement suite à une conviction, et il n’y a pas de meilleure sensation que celle que l’on ressent quand on est en accord avec soi-même, qu’on s’écoute. Je suis fière de ce chemin et je pense que c’est l’une des meilleures choses que j’aie fait de ma vie.

L’entourage ?

J’ai eu beaucoup de difficultés à annoncer à ma famille mon changement de mode d’alimentation, d’abord parce que leur avis a toujours beaucoup compté pour moi et que je savais que pour la première fois de ma vie j’allais me mettre en opposition avec leurs convictions. Ensuite parce que je viens du pays du foie gras et que toute une tradition de la viande est établie dans ma famille, comme dans la plupart des familles françaises. Certains membres ont accueilli la nouvelle sans grande surprise (« ça ne m’étonne pas de toi, ça te ressemble ») et n’ont pas eu de difficulté à accepter la nouvelle et qui ont même pris plaisir à cuisiner végétarien pour moi ce qui a été une vraie surprise et a renforcé nos liens. D’autres personnes n’ont pas compris et ont été choquées, voire inquiètes pour moi (« Comme si tu n’étais pas déjà assez mince comme ça! »). L’âge, les croyances et les traditions ne se contrôlent pas et j’ai décidé de faire abstraction de ces remarques et de ne pas aborder ce sujet avec les gens qui ne tenaient pas à débattre, leur avis étant inflexible.
Pour les connaissances et amis, la plupart ont compris, ont été curieux, ont cherché à débattre.  Certains ont fait des blagues, ont été moins respectueux et parfois blessants. Un tri se fait naturellement et un filtre s’établi avec les nouvelles rencontres, ce qui n’est pas plus mal et permet de ne pas perdre son temps avec des gens fermés. Il y a aussi les gens qui décident de changer à leur tour. Je crois que c’est le meilleur sentiment de la terre, quand on me dit que j’ai fait réfléchir quelqu’un, voire qu’il change. C’est à la fois inattendu et tellement précieux.
En parlant de rencontres, voilà un nouveau point positif du véganisme. La découverte ou redécouvertes de personnes par le biais de végétalisme. Pas besoin de vous expliquer que nous partageons beaucoup de choses, de nos expériences positives ou négatives en passant par nos recettes et bons plans. Au cours de cette année j’ai fait de très belles rencontres et même forgé quelques amitiés avec des végés avec qui je n’aurais sans doute jamais sympathisé si je n’étais pas devenu végétarienne.

Et maintenant ?

Et pour la suite ? Je vais continuer sur cette voie. Je ne sais pas si je serai vegan toute ma vie, mais pour le moment l’idée de manger de la viande me parait impensable. J’aimerais, quand j’aurais le temps et la motivation, trouver une façon de militer pour les droits des animaux et contre la cruauté animale. J’ai envie de continuer à faire des rencontres, de voir encore fleurir plein d’initiatives vegan friendly et écolo comme j’en ai vu plusieurs arriver tout au long de cette année. J’ai envie de découvrir encore plein de nouvelles choses et de les partager avec vous.

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6 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Bravo pour ce bel effort, tu peux être fière de toi ! Et merci pour l’article que je partage avec plaisir sur Twitter.

    Aimé par 1 personne

    1. Vertige dit :

      Merci pour ce gentil message et pour le partage !

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  2. Mooveyou dit :

    Super article ! Je trouve que ton parcours ressemble au mien (même si je n’en suis qu’au début) et c’est toujours super encourageant de voir que les vege ne regrette (pratiquement) jamais leur choix ! Nous sommes sur la bonne voie 🙂
    Vegans pour les animaux, mais aussi pour notre santé ❤️
    Bises !

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    1. Vertige dit :

      Merci pour ton adorable commentaire ! En effet je comprends pas comment on peut regretter tellement je me sens mieux comme ça !
      Bises à toi ❤️

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  3. CUPIDONNET dit :

    Bonjour
    Il y a 35 ans que j’ai arrêté d’ingurgiter des bouts de cadavres d’animaux ayant commencé leur putréfaction naturelle…
    Quelques temps après je me suis lancé dans la spiritualité indépendante et consciente…
    L’un attirant l’autre.
    Le végétarisme reste un moyen : pas un but.
    Que la Paix soit sur vous pour l’Eternité.

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  4. philipe dit :

    Ce n’est que l’évolution de conscience avec laquelle tu résonnes maintenant, l’évolution de ne plus appartenir au règne animal humain , mais tous simplement humain, tu suis le process d’évolution alors bienvenue, que ta conscience d’amour continue à te guider , philippe

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